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Чарующие звуки... 25-11-2015 18:52 к комментариям - к полной версии - понравилось!


Господь, сойди к молящим детям

И злые чары отгони!

Н. Гумилёв

 
 
 
Песни на стихи Артюра Рембо и Виктора Гюго
 
Evgen Kirjuhel (Jean-Frédéric Brossard) - композитор и поэт, гитарист и арфист, родился в 1940 г в Париже, 
 

 Kirjuhel/Arthur Rimbaud 
À la musique 



Sur la place taillée en mesquines pelouses, 
Square où tout est correct, les arbres et les fleurs, 
Tous les bourgeois poussifs qu'étranglent les chaleurs 
Portent, les jeudis soirs, leurs bêtises jalouses.

– L'orchestre militaire, au milieu du jardin, 
Balance ses schakos dans la Valse des fifres : 
Autour, aux premiers rangs, parade le gandin ; 
Le notaire pend à ses breloques à chiffres.

Des rentiers à lorgnons soulignent tous les couacs : 
Les gros bureaux bouffis traînant leurs grosses dames 
Auprès desquelles vont, officieux cornacs, 
Celles dont les volants ont des airs de réclames ;

Sur les bancs verts, des clubs d'épiciers retraités 
Qui tisonnent le sable avec leur canne à pomme, 
Fort sérieusement discutent les traités, 
Puis prisent en argent, et reprennent : » En somme !… «

Épatant sur son banc les rondeurs de ses reins, 
Un bourgeois à boutons clairs, bedaine flamande, 
Savoure son onnaing d'où le tabac par brins 
Déborde – vous savez, c'est de la contrebande ; –

Le long des gazons verts ricanent les voyous ; 
Et, rendus amoureux par le chant des trombones, 
Très naïfs, et fumant des roses, les pioupious 
Caressent les bébés pour enjôler les bonnes…

– Moi, je suis, débraillé comme un étudiant, 
Sous les marronniers verts les alertes fillettes : 
Elles le savent bien ; et tournent en riant, 
Vers moi, leurs yeux tout pleins de choses indiscrètes.

Je ne dis pas un mot : je regarde toujours 
La chair de leurs cous blancs brodés de mèches folles : 
Je suis, sous le corsage et les frêles atours, 
Le dos divin après la courbe des épaules.

J'ai bientôt déniché la bottine, le bas… 
– Je reconstruis les corps, brûlé de belles fièvres. 
Elles me trouvent drôle et se parlent tout bas… 
– Et je sens les baisers qui me viennent aux lèvres…


 

Gaël Liardon/Victor Hugo
La fleur et le papillon



La pauvre fleur disait au papillon céleste :
- Ne fuis pas !
Vois comme nos destins sont différents. Je reste,
Tu t'en vas !
Pourtant nous nous aimons, nous vivons sans les hommes
Et loin d'eux,
Et nous nous ressemblons, et l'on dit que nous sommes
Fleurs tous deux !
Mais, hélas ! l'air t'emporte et la terre m'enchaîne.
Sort cruel !
Je voudrais embaumer ton vol de mon haleine
Dans le ciel !

Mais non, tu vas trop loin! Parmi des fleurs sans nombre
Vous fuyez,
Et moi je reste seule à voir tourner mon ombre
A mes pieds. 

Tu fuis, puis tu reviens ; puis tu t'en vas encore
Luire ailleurs.
Aussi me trouves-tu toujours à chaque aurore
Toute en pleurs !
Ah ! pour que notre amour coule des jours fidèles,
Ô mon roi,
Prends comme moi racine, ou donne-moi des ailes
Comme à toi !

 

 

Gaël Liardon/Victor Hugo 
Rose 



Je ne songeais pas à Rose ;
Rose au bois vint avec moi ;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.
J'étais froid comme les marbres ;
Je marchais à pas distraits ;
Je parlais des fleurs, des arbres
Son œil semblait dire: " Après ? "
 
La rosée offrait ses perles,
Le taillis ses parasols ;
J'allais ; j'écoutais les merles,
Et Rose les rossignols.
Moi, seize ans, et l'air morose ;
Elle, vingt ; ses yeux brillaient.
Les rossignols chantaient Rose
Et les merles me sifflaient.
 
Rose, droite sur ses hanches,
Leva son beau bras tremblant
Pour prendre une mûre aux branches
Je ne vis pas son bras blanc.
Rose défit sa chaussure,
Et mit, d'un air ingénu,
Son petit pied dans l'eau pure
Je ne vis pas son pied nu.
 
Je ne savais que lui dire ;
Je la suivais dans le bois,
La voyant parfois sourire
Et soupirer quelquefois.
Je ne vis qu'elle était belle
Qu'en sortant des grands bois sourds.
" Soit ; n'y pensons plus ! " dit-elle.
Depuis, j'y pense toujours.
 

Трио La Bergère (пастушка). Состав: Sylvie Berger (chant), Emmanuel Pariselle (accordéon diatonique, concertina, chant), Julien Biget (guitare, bouzouki, chant).

La Bergère /Victor Hugo 
La chanson du spectre



Qui donc êtes-vous, la belle ? 
Comment vous appelez-vous ? 
Une vierge était chez nous ; 
Ses yeux étaient ses bijoux. 
Je suis la vierge, dit-elle. 
Cueillez la branche de houx.
 
Vous êtes en blanc, la belle ; 
Comment vous appelez-vous ?
En gardant les grands bœufs roux, 
Claude lui fit les yeux doux. 
Je suis la fille, dit-elle.
Cueillez la branche de houx.
 
Vous portez des fleurs, la belle ; 
Comment vous appelez-vous ? 
Les vents et les cœurs sont fous, 
Un baiser les fit époux.
Je suis l'amante, dit-elle.
Cueillez la branche de houx.
 
Vous avez pleuré, la belle ; 
Comment vous appelez-vous ? 
Elle eut un fils, prions tous, 
Dieu le prit sur ses genoux. 
Je suis la mère, dit-elle.
Cueillez la branche de houx.
 
Vous êtes pâle, la belle ;
Comment vous appelez-vous ? 
Elle s'enfuit dans les trous, 
Sinistre, avec les hiboux.
Je suis la folle, dit-elle.
Cueillez la branche de houx.
 
Vous avez bien froid, la belle ; 
Comment vous appelez-vous ? 
Les amours et les yeux doux 
De nos cercueils sont les clous. 
Je suis la morte, dit-elle.
Cueillez la branche de houx.

 
 
 
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Комментарии (20):
ЛГП 25-11-2015-19:09 удалить
Очень понравилось!
Добрый вечер,Светлана.Спасибо.
belorusochka-ja 25-11-2015-19:27 удалить
Спасибо,Светлана!Чудесное исполнение...слушаю и читаю текст...Классно!Заходи ко мне танго послушать...
belorusochka-ja 25-11-2015-20:07 удалить
Ответ на комментарий Svetlana--- # Svetlana---, Спасибо!Взаимно!
Добрый вечер,Светлана!Благодарю за ВСЕ!!
С каким удовольствием слушала! Спасибо огромное. Доброго вечера.
Svetlana--- 25-11-2015-21:06 удалить
belorusochka-ja, АЛЬФИЯ_ГАБДУЛЛОВНА, Марина_Ушакова, спасибо за отзывы! На ютубе столько прекрасной музыки... Вот, например, как звучит гитара вместе с арфой: https://www.youtube.com/watch?v=E4gKjLa0G0A
Babajka 25-11-2015-22:39 удалить
Красота! Французский под гитару никогда не слышал. Романтично!
Kasanova60 25-11-2015-22:57 удалить
Спасибо Светлана!
юзи 25-11-2015-23:09 удалить
Бальзам на душу, спасибо Светик!
Svetlana--- 26-11-2015-08:13 удалить
Joker-6, Babajka, Kasanova60, юзи, по этим песням хорошо изучать французский язык.
интересный пост благодарю!!! [500x413]
В тот день о Розе я не помышлял-перевод Ирина Шер перевод стихотворения Виктора Гюго: В тот день о Розе я не помышлял; Во мрачный лес пришла она со мной; Я ей что-то там болтал, Но я уже не помню "басни" той. Как мрамор холоден я был; Передвигался я с трудом; Ей о цветах я говорил, Её взгляд просил: "Потом?" Блестели на траве жемчужины росы; Лианы тень дарили нам; Я слушал, как свистят дрозды, А Роза улыбалась соловьям. Я- угрюмый, мне 16, а она, Вся сияла, ей было 20. Пели Розе соловьи, ну а мне Дрозды свистели вдалеке. Роза в бёдрах сложена, Вдруг за веткой с ежевикой Потянулась неспеша. Но руки её прелестной В тот момент не видел я. Вода неслась в лесу журча И в бархатистой пелене Спала влюблённая природа В глухом лесу, где нет тепла. Роза туфельку сняла, Ножку в воду опустила, Простодушна как дитя. Но прелестной её ножки В тот момент не видел я. Я не знал, что говорить; Шёл за Розой неспеша. Видел я как улыбалась И вздыхала иногда. И заметил, как прекрасна, Лишь мы вышли из-за леса. "Ладно, всё! Забудем это." Прошептала Роза мне. Но с тех пор как мы расстались Вечно помню о том дне. Je ne songeais pas ; Rose ; Rose au bois vint avec moi ; Nous parlions de quelque chose, Mais je ne sais plus de quoi. J';tais froid comme les marbres ; Je marchais ; pas distraits ; Je parlais des fleurs, des arbres Son ;il semblait dire: " Apr;s ? " La ros;e offrait ses perles, Le taillis ses parasols ; J'allais ; j';coutais les merles, Et Rose les rossignols. Moi, seize ans, et l'air morose ; Elle, vingt ; ses yeux brillaient. Les rossignols chantaient Rose Et les merles me sifflaient. Rose, droite sur ses hanches, Leva son beau bras tremblant Pour prendre une m;re aux branches Je ne vis pas son bras blanc. Une eau courait, fra;che et creuse, Sur les mousses de velours ; Et la nature amoureuse Dormait dans les grands bois sourds. Rose d;fit sa chaussure, Et mit, d'un air ing;nu, Son petit pied dans l'eau pure Je ne vis pas son pied nu. Je ne savais que lui dire ; Je la suivais dans le bois, La voyant parfois sourire Et soupirer quelquefois. Je ne vis qu'elle ;tait belle Qu'en sortant des grands bois sourds. " Soit ; n'y pensons plus ! " dit-elle. Depuis, j'y pense toujours. V. Hugo © Copyright: Ирина Шер, 2009 Свидетельство о публикации №109091605637
Танютоля 27-11-2015-11:11 удалить
Спасибо! Великолепно!


Комментарии (20): вверх^

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