De père algérien et de mère normande, Saïd Naceri est né le 2 août 1961 dans le 4e arrondissement de Paris. Il grandit en proche banlieue, à Montreuil, et manifeste très jeune le désir d’embrasser une activité de comédien. Quelques figurations et petits rôles, puis c’est la révélation : RAÏ, de Thomas Gilou, impose un véritable tempérament, au regard d’acier et à la dégaine bien dessinée. Son personnage, Nordine, est un jeune “beur” de banlieue vivant d’expédients, auquel Naceri donne une consistante personnalité, que récompense un Prix d’interprétation au festival de Locarno.
Le téléfilm d’Olivier Dahan, “Frères”, dans la série “Tous les garçons et les filles” d’Arte (1994), enracine la connotation “cité” du comédien, qui tarde du coup à trouver d’autres rôles intéressants. “Il a fallu rectifier le tir. (…) on a cru que j’étais vraiment sorti du caniveau d’une cité, que j’étais drogué ! J’ai dû prouver que j’étais comédien, capable de jouer, et pas un mec de banlieue récupéré.”, expliquait-il ainsi au mensuel “Ciné Live” (n° 33, mars 2000).
Il s’intègre alors à des films sans grand relief (BOUGE ! avec Ophélie Winter ou LOVE IN PARIS, la suite de NEUF SEMAINES ET DEMIE), à des productions télévisées (“Double peine” de Thomas Gilou en 1995, “Maintenant ou jamais” de Jérôme Foulon en 1996, “La Dernière des romantiques” de Joyce Buñuel en 1998) et des courts métrages : LA LÉGENDE DE DÉDÉ de Antonio et Killy Olivarès (1995), COUP DOUBLE de Bruno Delahaye (1997) ou MOUNIR ET ANITA de Mabrouk El Mechri (1997).
En 1997, Luc Besson lui confie le rôle de Daniel Morales, chauffeur de taxi marseillais dans sa production TAXI, pour un triomphe public inattendu et une nomination au César du meilleur espoir masculin. Le succès aidant, le film donnera lieu à deux suites, Gérard Krawczyk succédant à Gérard Pirès. De ce cinéma de pur divertissement, l’acteur cherche à se défaire régulièrement, devant les caméras d’Arcady, Lelouch, Lætitia Masson (dans LA REPENTIE, aux côtés d’Isabelle Adjani) ou Gilles de Maistre, l’un des premiers à lui avoir donné sa chance.
C’est lui qui en fait aussi le héros de FÉROCE, jeune beur infiltrant un parti d’extrême droite afin d’en assassiner le chef, dont il séduit d’abord la fille, et qui voit bientôt le piège se refermer sur lui. La détermination et le visage fermé de l’acteur y évoquent de grands figures du western, tout comme son funeste destin.
Au chapitre de ses performances choisies figurent aussi une fiction TV d’Ismaël Ferroukhi, “Petit Ben” (1999), et “Ferchaux”, signé Bernard Stora (2001), aux côtés de l’une de ses idoles, Jean-Paul Belmondo, dont il reprend le rôle que celui-ci interprétait dans L’AÎNÉ DES FERCHAUX de Jean-Pierre Melville.
On a vu aussi Samy Nacéri dans un clip du groupe de rap marseillais IAM, “Pas né sous la même étoile”. Il a été marié à la jeune comédienne Marie Guillard, dont il a eu un garçon : Julian.